Partager l'article ! Sébastien CHARLIER: "Precious Time" nouveau CD!: Seuls quelques instrumentistes de l'harmonica diatonique ont réussi le tour de force de ...

Seuls quelques instrumentistes de l'harmonica diatonique ont réussi le tour de force de se faire reconnaître comme des musiciens à part entière. Lorsque Sébastien Charlier joue, l'harmonica diatonique devient un Grand instrument. Tout simplement parce qu'il aborde et réalise avec un dix trous ce que d'autres musiciens réalisent avec un saxophone ou une guitare. Hormis le style bien sûr, car il s'agit avant tout d'un Artiste qui s'exprime hors convention, dans son univers.
Le premier CD « Diatonic Revelation » de Sébastien laissait entrevoir de grandes choses avec un véritable vocabulaire Jazz et un sens du phrasé rare sur cet instrument.
Puis on a entendu parler, en marge de sa discographie, d'une avancée technique permettant de déclencher des notes soufflées ET aspirées : « l’Air Blocking ». Procédé ancestral qu’il ne prétend d’ailleurs pas avoir inventé (même s’il lui a donné un nom) mais plutôt « peaufiné » en choisissant complètement les notes à déclencher, que ce soit dans les graves, les mediums ou les aigus, lui donnant une dimension quasi-historique, à son corps défendant.
Sébastien est très en vue de par son jeu qui, résumé à la technique, « chromatise » de façon naturelle, homogène et fluide le diatonique. Ses apparitions scéniques dans divers cadres (Bebop, Blues, Country-Blues, Contemporain, Musique de film…) donnent toujours ce sentiment d'innovation.
La suite arrive et ce n'est rien moins qu'une trilogie, dont le premier opus s'intitule Precious Time.
Dans cet album, Sébastien Charlier repart des années magiques du Jazz-Rock pour ouvrir les portes du diato de la nouvelle erre. Un départ aux sources de ses inspirations d’ado. Ses créations lancent des flèches vers de nouvelles destinations dans l'univers du diatonique. Ses explorations guidées, réfléchies et inspirées sont sans aucun doute le passeport du diatonique pour de nouveaux styles de musiques et de nouveaux styles d'expressions. Sébastien montre des voix possibles, mais aux racines de cette nouvelle erre se trouve une expression un feeling et un style, un esthétisme habité d'une âme.
Dans Precious Time, l’ « Alien du Richter » (comme l’a appellé Charlie Mc Coy après l’avoir entendu joué lors d’une masterclass), aborde des structures rythmiques et harmoniques étonnantes pour le diatonique, et donc de nouvelles possibilités d'expression. Une porte s'ouvre pour le « ruine-babines » : nul doute que nous verrons d'ici quelques années une nouvelle génération d'harmonicistes de partout se revendiquer les héritiers de ce novateur qu'est Sébastien Charlier.
Une utilisation de l'instrument dans laquelle on retrouve pourtant toutes les qualités expressives et si exceptionnelles du diatonique. Une utilisation inédite, plus sophistiquée. Au delà de la performance, de cette apparition du diatonique « ailleurs », il y a l'expression d'un Artiste. Car dès la première écoute, on est saisi par l'expressivité de l'homme et de l'instrument dans son utilisation parfois déroutante. Je ne trouve pas d'autre expression que « l'harmo du troisième millénaire ». Véritablement un album qui ne constitue rien de moins qu'une Révolution pour l'harmonica diatonique !
Une trilogie qui s'annonce vraisemblablement comme une fusée à trois étages dont la plateforme de lancement se situe quelque part dans les années 80 à l'époque lumineuse de ce qu'on appelait le Jazz-Rock.
Quelques questions avec le concepteur et pilote de cette Trilogie : Sébastien Charlier...
Bonjour Sébastien, décidément tu ne fais rien comme personne. Au lieu d'un CD (et vinyle !), tu fais une trilogie, au lieu de changer d'harmonica à chaque titre tu gardes quasi tout le temps le même, au lieu de faire le malin et de marteler les forums et youtube, tu es humble, tu sembles être voué à casser les clichés, désenclaver l'harmonica diatonique et à ouvrir les portes. Dis-moi qu'est ce que tu cherches à faire à la fin?
Sébastien Charlier :
Bonjour Alain.
Ce que je cherche à faire ? à occuper le temps avant l’échéance je suppose, ce « précieux temps » qui nous file entre les doigts… (sourire). Plus sérieusement, je me contente de jouer la musique qui me plait avec des musiciens que j’adore. Certains ont marqué mon adolescence. Ces sont des musiciens exigeants avec lesquels je suis sur la même longueur d’onde. Lorsque le bassiste Alain Caron, qui est un acteur majeur de l’histoire de la fusion, a accepté de se joindre à l’aventure, j’ai ressenti un mélange de soulagement et (je dois l’avouer) de fierté, combinés à l’adrénaline d’être à mon meilleur possible… quand je pense à tous ses soli que je relevais patiemment et souvent en m’arrachant les cheveux sur mon « petit » instrument… Tous les autres aventuriers sur ce projet ont joué le jeu à fond, Nicolas Espinasse a réalisé un travail très dense (pendant plus de 2 ans), j’ai beaucoup de chance. Je me souviens quand le batteur des stars Curt Bisquera m’a demandé depuis son studio à Los Angeles pourquoi il ne jouerait pas sur l’ensemble des titres plutôt que sur les 2 ou 3 que je lui avais proposés… j’étais vraiment rassuré et nous étions tous remontés à bloc !
Alain :
Sébastien, tu sors un Album dans lequel je n'ai entendu absolument aucun phrasé, ni même bribe de phrasé d'un vénérable ancien de l'harmonica, ou même d'un autre harmoniciste tout court. La notion d'héritage existant sans doute plus sur les styles j'imagine. C'est novateur, un nouveau style, un pavé dans la marre, alors : Sébastien Charlier « avant-gardiste » même pas peur, c'est ça? Et tu es d'accord avec cette définition de ton style « avant-gardiste »?
Sébastien Charlier:
Avant-gardiste ? Peut-être… je ne sais pas. Cette appellation peut faire peur non ? (sourire). Mais par la force des choses, cet album étant orienté Jazz/Rock, on risquait de toute façon d’entendre autre chose tu ne crois pas ? En réalité, je me suis toujours inspiré de maîtres jouant d’autres instruments, j’imagine que ça commence à porter ses fruits dans la façon de phraser ou de se placer au sein d’un morceau. Pour être honnête je ne cherchais pas à être différent sur cet album ou en pensant à une trilogie, ma motivation était juste de parvenir à jouer ce que j’entends et qui me correspond. Maintenant, j’ai pris quelques distances vis-à-vis de ce qui a été enregistré, nous avons terminé les mixages et le « mastering » depuis des mois, alors je me rends compte que ce que j’ai joué n’est pas tout à fait de l’ordre de l’habituel… mais ça n’a jamais été l’objectif. J’aime beaucoup les phrasés typiquement harmonicistes, j’en utilise encore assez souvent avec le Bluesman Keith B Brown où lorsque le contexte s’y prête. C’est juste que là, dans ce projet et dans cette musique, ce n’était ni adapté ni ce que j’avais envie d’entendre.
Alain :
Tu as le même harmonica tout au long du CD, et pourtant ça n'arrête pas de changer de « position », excuses moi mais expliqué simplement tu fais comment? J'imagine que ta vision de cet aspect de la musique, en passant part la théorie ne se cantonne pas à une histoire de position?
Sébastien Charlier :
En réalité, il m’arrive encore de changer de tonalité d’harmonica Alain. Par exemple, il me semble que j’ai utilisé un D sur le morceau très énergique et festif « Galactic Funk », et un Ab sur « Shout » je voulais mettre un peu de « speed tonguing », j’ai été alors tributaire de l’ergonomie de l’instrument, pourquoi ne pas changer ? L’essentiel c’est que ça sonne à la fin, je ne suis pas un fervent défenseur du fait de tout jouer sur un C, mais je me sens plus à l’aise sur un seul, c’est vrai.
Je ne joue pas en « positions », je joue juste en fonction des accords et des harmonies comme n’importe quel musicien je suppose. Les harmonicistes ne prennent pas cette habitude et privilégient des façons de jouer, ce que je peux comprendre. Cela fonctionne sur des titres qui ne modulent pas trop et ça évite de rentrer dans le long travail instrumental que tous les autres musiciens gèrent. Les « façons » de jouer typiques ne fonctionnent plus en Jazz ou en Fusion car les modulations sont trop fréquentes au sein du même morceau et le vocabulaire demandé est très exigeant : le musicien doit avoir une belle palette de couleurs dans sa besace ! Un jeu positionnel strict serait pour le moins inadapté et limité. De toute façon, lorsqu’il s’agit de Jazz et de ses dérivés, je ne raisonne jamais en position, j’écoute et entends des choses sur mon C, lorsqu’il y a certaines notes graves à jouer que je n’ai pas sur mon harmonica en Do, je prends une tonalité plus grave et continue de penser que mon instrument est un C (l’oreille relative rentre en jeu).
Alain :
Sur plusieurs titres et malgré des sons nouveaux, des phrasés inédits, j'ai retrouvé l'harmonica diatonique de mes Amours. J'entends par là avec une expressivité que je n'avais plus entendue depuis des décennies, j'étais ému de ça. Un style issu, ou plutôt fondateur, du troisième millénaire au diato, d'accord, c’est un fait ! Mais l'expressivité propre au diatonique est totalement présente, une intensité émotionnelle, un « feeling » étonnant et à mon sens très typé diatonique, alors que tu le « chromatise » C'est ta sensibilité artistique intérieur cette fois qui fais la magie, et les capacités expressives du diatonique. Peux-tu nous parler de cette relation entre toi et l'instrument.
Sébastien Charlier:
Tu sais, il y a beaucoup de joueurs depuis Howard Levy qui « chromatisent » comme tu dis. Je n’ai pas inventé le jeu chromatique et ne le prétends pas. Peut-être que tu entends quelque chose de différent dans mon jeu parce que je n’ai pas été influencé par cet extraordinaire harmoniciste, que je ne connaissais pas lorsque j’ai commencé à altérer toutes les notes, seul dans ma chambre… D’ailleurs, je ne « chromatise » pas, le diato EST chromatique (sourire). Parmi les musiciens qui m’ont marqué, certains ont un rapport assez singulier avec leur instrument, parfois même une distance… comme s’ils étaient plus intéressés par la musique que par le medium qu’est leur instrument. Je pense un peu pareil : l’instrument n’est qu’un outil au service de la musique, jouer de l’harmonica pour l’harmonica ne m’intéresse pas ou peu. Néanmoins je trouve que c’est un instrument attachant grâce à ces possibilités énormes de « (dé)timbrage ».
Dans le jeu « chromatisant » habituel sur un diatonique, on entend des bends et des slides sur les altérations et des notes plus ou moins nettes sur les overnotes. Personnellement je préfère des notes claires sur les altérations et la possibilité de « bender » les overnotes si nécessaire (par exemple je joue souvent un mi medium sur un C en faisant un double over en 4 plutôt qu’en soufflant un 5), je trouve que cela donne plus de lisibilité et plus d’expressivité selon les tonalités et les contextes.
Alain :
Oui c’est vrai, il y a quelques joueurs qui chromatisent depuis plusieurs années mais il s’agit là d'un style nouveau il me parait difficile de comparer, personne d’autre n’est dans cette veine pour l’instant... Fusion, Jazz/Rock, chacun utilise les termes qu'il veut, toujours est-il que ce sont des styles dans lesquels il n'y a pas d'instruments lead de façon habituelle et schématique. C'est un positionnement tout à fait différent d'un Blues par exemple. Comme l’harmonica (diatonique ou chromatique d’ailleurs) est un instrument qui n'est pas conventionnellement de premier plan dans la fusion ou le Jazz Rock, quel a été ta démarche par rapport au placement au son à l'arrangement etc...
Sébastien Charlier :
Je ne pense pas qu’il y ait plus d’aspect lead au sein d’un Blues où, en toute rigueur, c’est le chant qui est lead. Bien sûr il y a toujours des individualités qui marquent des styles alors on se rappelle des instruments et on associe quelques leaders au style. C’est le cas en Blues mais ce fut le cas également en Fusion.
Le plus difficile pour moi était avant tout de pouvoir discuter dans le sujet. Avoir un vocabulaire adapté fut une vraie gageure. Cela m’a occasionné bien des heures et des heures de travail c’est sûr... Mais je n’ai jamais cessé de bosser mon instrument depuis que j’ai commencé à jouer alors finalement, ça ne m’a pas vraiment sorti de mes habitudes, il fallait juste mettre un bon coup de collier supplémentaire pour préparer les enregistrements. En fait, le plus long fut de trouver le son qui allait pouvoir s’intégrer au sein des arrangements de Nicolas. Le rendu acoustique de l’harmonica est parfois inadapté et entre en conflit au niveau des timbres. Il me fallait trouver de nouvelles orientations. J’ai cherché, j’espère avoir trouvé (sourire).
Alain :
Pour bien saisir ta démarche et appréhender ton expression, « Solstice d'été », qui propose un chorus d'électro sax WX5, me parait être d'un intérêt majeur. Il permet une approche différente dans la compréhension de ton jeu d'harmoniciste puisque ce titre nous permet d'entendre le même musicien avec un autre instrument, il est comme la meringue sur une tarte au citron. J'ai trouvé « intéressant » de retrouver ta pensée et ton émotion, ton style, et j'ai été séduit de voir que les phrasés étaient totalement similaires à ceux que tu parviens à sortir de ton harmo. Une perspective, qui permet également une meilleure approche de ton style je crois.
Sébastien Charlier:
Solstice est typique de ce qui m’a conduit à utiliser de nouvelles sonorités. Sur ce titre en particulier, les thèmes sont joués avec le son acoustique, mais le solo qui suit celui d’Alain Caron est en effet joué au contrôleur à vent WX5 Yamaha car je trouvais justement que le rendu acoustique risquait d’être hors sujet sur cette plage de solo. J’aurais pu prendre le son électrique sur lequel j’avais jeté mon dévolu depuis les titres Precious Time, le solo de First Step, le solo sur Fascination etc… mais je tenais à jouer de cet instrument sur l’album. Cet un instrument qui m’a toujours porté chance et qui m’a permis de rencontrer de nombreux musiciens, notamment grâce aux démonstrations que je faisais pour la firme nippone il y a quelques années.
Pendant très longtemps, j’ai considéré que j’étais plus saxophoniste dans l’âme qu’harmoniciste et j’ai longtemps visualisé mes phrasés comme si j’étais en train de les exécuter sur un sax. Dorénavant je n’utilise plus cette « visu » intermédiaire, mais cela fait finalement peu de temps (disons depuis Diatonic Revelation). J’imagine qu’il y a un lien indéfectible entre ces deux instruments chez moi et que cela s’entend…
Alain :
Cet album s'intègre au sein d’une trilogie à paraître ces prochaines années. Si j'essaie de faire un lien avec le visuel du projet, ce premier opus correspond-il a la première photo? Peut-on penser qu'il est un hommage à ce qui serait ta naissance musicale ou tes premières Amours musicales?
Sébastien Charlier:
C’est tout à fait ça… (sourire)
Alain :
Juste deux mots sur les influences, bien entendu pas dans le jeu mais dans le style, J'ai bien sur noté la présence d'Alain Caron qui donne de sa couleur sur chaque titre bien entendu. Mais dans tes phrasés d'harmo, j'ai retrouvé des enchainements qui auraient pu être ceux d’ Herbie Hancock au synthé ou encore de Joe Zawinul dans le développement du discours. Je suis sans doute à coté de la plaque, peut être n'est ce juste qu'une question de construction de tes phrasés issu de ton style tout simplement?
Sébastien Charlier:
Je suis naturellement flatté de ces comparaisons… tu imagines. J’ai en effet longuement travaillé ces maîtres et il m’arrive encore de relever des soli entiers de musiciens qui ont tellement apporté…
Je suis ravi que tu puisses faire ce genre de comparaison même si je ne suis pas sûr de les mériter, ça me suggère en tout cas que je suis sur le bon chemin et que mon vocabulaire est dans le sujet de cette musique Fusion. Ces musiciens m’ont donné envie de pratiquer la musique et de phraser, d’improviser, même si mon instrument est un harmonica diatonique. Mes parents ne pouvaient pas m’offrir autre chose lorsque j’ai commencé la musique. Alors j’ai bossé dur sur ce qu’on m’a apporté. Plus tard, ils m’ont offert un sax soprano sur lequel je me suis acharné quelques années avant que des voisins excédés nous envoient les gendarmes… j’allais alors bosser dans un champ à côté de chez moi mais j’ai fini par perdre patience et j’ai fini par opter pour le contrôleur à vent Yamaha tandis que je commençais à trouver toutes les notes sur mon simple diatonique. Je transcrivais ce que je trouvais à l’ « electro sax » sur mon diato et vice et versa. « Solstice d’été » me rappelle cette période.
Alain :
J'ai remarqué que l'identification par rapport à ton jeu se fait sur le style justement. J'entends par là que tu utilises plusieurs sons différents, d'ailleurs pas une pléiade. En résumé et en simplifiant, que ce soit ton son acoustique ou tes sons électriques on t'identifie par le style. Pour autant, comment choisis tu les hauteurs ? Par exemple qu'est ce qui dicte en toi la nécessité de l' octaver pour les basses ? Plus largement : quel son pour quel emploi, et si tu veux, quels outils ?
Sébastien Charlier:
En fait, je n’utilise globalement que 2 sons : le son acoustique et un son électrique avec en effet un octaver parce que le son que j’entendais était souvent plus facile à intégrer une octave en-dessous. Les harmonicas low sont intéressants mais pas assez réactifs pour jouer précisément et dans le time les phrasés dans le style, même en customisant et en affinant les réglages, d’où l’utilisation d’un octaver.
Exceptionnellement j’utilise une autre sonorité typée orgue sur le titre « Sin Chronic City » parce que j’aime les organistes, leurs phrasés et leur engagement dans le son : ils sont « physiques ». C’est un peu une dédicace, et la composition me semblait s’y prêter.
Il a fallu dompter toute une panoplie d’effets, c’est tellement simple d’obtenir un son plus ou moins informe et noyé, ça a pris du temps également. J’utiliserai ces sons sur scène afin de porter les morceaux vers d’autres horizons en gardant l’esprit du son. C’est cet engagement dans le son qui dicte mes choix.
Alain :
« Soon night must fall » : dernier titre et seul titre avec une intervention de la voix dans un climat particulier... j'entends une opposition forte entre l'harmo lumineux et la musique claire et aérée, et la voix presque diabolique. Est ce un message philosophique, lune sorte de liaison avec le second volet ?
Sébastien Charlier:
Ce sont les derniers mots de maître Yoda dans le « Retour du Jedï » qui m’ont inspiré. Je voulais qu’on retrouve la tiédeur des marais de Dagobah, entendre son dernier message (sourire). En fait de voix c’est surtout un rictus, le reste c’est deux pistes d’harmonica tout du long qui passe passent par une multitude de reverb et de delays qui permettent par un jeu de ping-pong de déclencher des nappes et des voicings sur lesquels je peux laisser vagabonder quelques notes et arpèges. Seul un harmonica en C et un micro ont été utilisés sur ce titre.
Tu sais, je n’ai pas fait des dizaines de disques (je prends de toute façon trop de temps entre chaque), mais j’aime finir par un morceau seul, comme un recueillement si tu préfères. Cette dernière plage est comme un portail de téléportation (sourire), une liaison avec le second opus qui sera très différent.